Plume et parchemin

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29 bis - Andrássy chez lui

Mais Gyula Andrássy avait une préférence pour le château de Tisza-Dob : ce domaine dans les boucles de la Tisza était un rendez-vous de chasse à usage temporaire. Le comte décida de faire construire un château dont il commença à dessiner le projet. Meining, le fameux architecte en réalisa la construction en suivant les plans inventés par Andrássy. A la place de l’ancien château il y avait un ensemble avec des hautes tours qui dominaient la plaine et le fleuve. Le château avait une allure de renaissance gothique, un air de château de conte de fées, sans toutefois être aussi extravagant que Neuschwanstein du roi Louis II ; tout était harmonieux avec une belle couleur claire. Il formait un quadrilatère avec des tours à chaque angle et quelques clochetons au-dessus de l’entrée.


Il était aménagé avec un grand luxe surtout pour la grande salle, dont les murs étaient ornés de peintures des ancêtres de la famille Andrássy, de superbes tapisseries des Gobelins et d’armures entourant une large cheminée. De magnifiques objets d’art étaient disposés ici et là.


Le bureau du comte était orné de nombreux portraits, photos sur les murs – un pan de mur entier était réservé aux livres et un curieux escalier en bois grimpait en zig-zag vers la galerie. Il était orné de boucliers et d’armes anciennes, ainsi que de trophées de chasse.


Mais après sa démission, Andrássy aimait beaucoup se rendre en Transylvanie dans sa propriété de Dobrini. C’était une des ses demeures préférées car elle était à l’écart,  solitaire et le château était caché dans la montagne à une journée de marche de Kolozsvár.

 Lorsque la maladie se déclara, le comte alla « prendre les eaux » car c’était à peu près tout ce qu’on pouvait offrir pour le soigner et les médecins avaient pensé qu’il souffrait de calculs dans la vessie. Quand il se sentit un peu mieux, il chercha le calme et le délassement à Dobrini. Il ne pouvait plus aller chasser à cheval, alors il fit de grandes excursions à pied, la plupart du temps tout seul ou juste avec son avocat ou son officier. Il n’y avait pas beaucoup de visiteurs à Dobrini. Le territoire de chasse était immense à cause des forêts qui entouraient le domaine.

Chaque jour une estafette lui apportait de Kolozsvar d’épaisses lettres et télégrammes et le comte s’y rendait aussi lorsqu’il avait des achats à faire. Ordinairement, il allait visiter le négociant d’antiquités, car il recherchait toujours des objets de grands prix. Tout le monde connaissait bien le comte, il était très populaire aux alentours.

Dans la forêt il y avait un très beau cerf du nom de « Fritzi » qui fréquemment flânait dans la région. Les habitants des collines connaissaient bien « Fritzi » et pour rien au monde ils ne l’auraient chassé, pas plus que le comte.

Il resta à Dobrini puis séjourna à Tisza-Dob pour y chercher du repos. Il revint en août à la capitale pour consulter de nouveaux les médecins éminents. Tant que la maladie n’avait pas trop évolué, il pouvait faire des excursions sur le Danube et avait même reçu le fils de Bismarck dans son palais à Buda.

Puis quand l’hiver commença, il partit à Volócsa, près de Fiume, dans la douceur de l’Adriatique, car les médecins avaient conseillé un traitement thérapeutique climatique. Mais la maladie commençait à vraiment se développer. Il savait déjà depuis plusieurs semaines, qu’il n’y aurait pas d’échappatoire et le verdict avait été donné : le cancer.




26/04/2012
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