Plume et parchemin

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Ardente amoureuse : Louise Labé

Je l'imagine, elle a les yeux noisettes
Je les aurais pour moi bleus préférés
Mais ses cheveux sont blonds comme vous êtes
ô mes cheveux mordorés et dorés
 

écrit Louis Aragon dans un poème que lui inspira les amours avec Olivier de Magny de la légendaire Louise Labé (1524-1566), qui, dit-on, s'habilla parfois en garçon, fit des tournois et même la guerre, et ce qui est mieux, fit l'amour avec délectation et le chanta avec ferveur.
De cette femme, nous savons peu de choses. Louise Labé est née à Lyon entre 1520 et 1525, son père est Cordier, on la marie également, à un cordier de trente ans son aîné, de là son surnom " La Belle Cordière ".
Grâce à l'amour de son père, fasciné par la beauté et l'intelligence de cette petite fille vive et enjouée, elle reçoit une éducation exceptionnelle pour une " femme du peuple ". Louise apprend le latin, l'italien, quelques rudiments de grec, la musique (on l'appellera " La dame au luth "), mais aussi tous les arts des armes traditionnellement réservés aux hommes. Au mépris des condamnations religieuses de l'époque, elle s'habille en homme pour monter à cheval tel un écuyer et " Le capitaine LOYS " (comme on l'appellera aussi) s'illustre aux jeux martiaux de la joute. En 1555 par privilège accordé par le Roy, Louise est la seule lyonnaise de son temps à être publiée de son vivant. Le recueil contient un texte en prose : " le Débat de folie et d'amour ", trois élégies, vingt-quatre sonnets. Immense et immédiat succès de ce petit livre qui fut réédité 3 fois au cours de l'année 1556.
A travers les siècles nous goûtons les échos, les cris voluptueux d'une femme embrasée d'Amour, torturée par "sa fureur divine", désespérée ou comblée, mais toujours ardente, impatiente. Que peut cette adorable créature contre "l'archer qui toujours est vainqueur ?". Rien d'autre que de souffrir, et souffrir encore de "désirs obstinés", les confiant à son luth plaintif et nous les confiant avec une si totale audacieuse et dévorante franchise. Décidément, les femmes de la Renaissance étaient bien en avance sur leur époque !!





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