Plume et parchemin

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Chapitre 11 - Un fantasme Belmontais

Chapitre 11

Un fantasme belmontais

 

            J'apprécie de plus en plus les échanges avec « mon » architecte. Je trouve que nous nous correspondons bien et que, si on met de côté le hiatus avec l'orgie romaine, le partage est très savoureux. Il me fait découvrir une facette de moi-même que j'ignorais. Je ne sais pas si de son côté il est satisfait, mais je vois qu'il cherche à prolonger ces moments de partage de « fantasmes ». 

Maintenant, je suis très sereine pendant la semaine, je bosse avec plus de plaisir, sachant que mes week-ends seront occupés, délicieusement occupés.

J'évite de chantonner dans mon bureau - ma boss n'est pas d'humeur folichonne, surtout en ce moment. Je ne sais pas pourquoi et franchement je m'en fiche, mais je n'aime pas faire les frais de ses sautes d'humeur.

 Le samedi arrive enfin ; je vais souffler. Je me prépare pour mon cours de danse. Mon sac est préparé, je suis un peu en avance, j'en profite pour lire mes mails. Tiens, un message de Monsieur Belmont. J'en prends connaissance :

« Chère Alexia, tout d'abord, bon cours de danse ! (Merci d'y avoir pensé !)  Pour ce soir, j'ai un fantasme qui me poursuit depuis quelque temps. Je vous en fais part, dites-moi, en toute franchise, si vous vous sentez capable de le satisfaire. Donc je vous délivre ce fantasme : j'aimerais, oh oui, j'aimerais beaucoup que vous vous caressiez devant moi comme vous le faites quand vous êtes seule. Je sais que cela demande une grande confiance mutuelle, mais je pense que nous avons franchi quelques étapes et que nous sommes plus libres l'un vis-à-vis de l'autre. Si vous acceptez, peut-être vous sentirez plus à l'aise chez vous, dans votre univers que chez moi ?
Dites-le moi, dites-moi tout en grande complicité.
Respectueuses salutations, Patrick Belmont »

 

 Ohhhhhh je lis, relis son message. Sa demande ne serait pas inhabituelle dans une relation entre amants, mais le sommes-nous ? Au fait, que sommes-nous réellement ?

Je décide d'aller à mon cours de danse et de lui rendre ma réponse ensuite.

La tête plus claire après avoir bien dansé et analysé la situation, je me dis que nous avons déjà beaucoup partagé et qu'il me connaît de mieux en mieux, alors pourquoi ne pas répondre à son fantasme ? De toute façon, si je me sens mal à l'aise, je stopperai tout et je crois qu'il comprendra très bien ; il souhaite un échange de fantasmes, pas une soumission.

Je réponds donc à mon cher architecte.

« Cher Monsieur Belmont. J'ai bien reçu votre demande et je crois que je peux y répondre favorablement. Je pense également que je me sentirai plus à l'aise dans mon propre environnement. Rendez-vous ce soir vers 21 h ? Alexia Delville » 

 

 Je vais aller préparer ma « scène » pour la pièce de ce soir. J'avais de l'appréhension pour le dernier exercice, qui s'est fort bien passé d'ailleurs, donc pour me sentir à l'aise, autant planter (mon subconscient me joue des tours) un décor agréable. Pendant que je cherche comment agencer ma chambre - je ne me vois pas faire ça sur le canapé du salon - la réponse de Monsieur Belmont est arrivée.

 « Ma très chère Alexia, je suis plus que ravi de votre réponse. Je serai là ce soir à l'heure indiquée. Impatiemment votre, Patrick Belmont »

Je ris en pensant à mon « impulsif architecte » et son impatience.

 

 La psyché est toujours orientée vers le lit depuis la semaine dernière, peut-être placerais-je monsieur Belmont de telle manière qu'il puisse suivre la « scène » dans le miroir plutôt que directement en face de moi.

Je cherche une tenue adéquate (y-a-t-il des tenues adéquates pour ce genre de plan ? bonne question) Comme je n'ai pas prévu de lui faire un numéro de strip tease, (il ne dirait sûrement pas non - une autre fois peut-être)  finalement le plus simple est de porter mon joli kimono en soie noire et dessous ? Entièrement nue ou lingerie ?  Les bas c'est sexy et ça gaine bien les jambes et je me souviens que c'est ce qui lui avait donné des « idées » lors de notre première rencontre. Petit slip en dentelle, c'est plus classe, maintenant je peux me passer de soutien gorge, comme ça je n'aurai rien à dégrafer.

Lumières tamisées comme l'autre fois et bougies parfumées pour le côté sensuel. Ça va finir par être répétitif, il faudra qu'on aille dans la nature un jour ! Je suis sûre que si je lui propose, il va adorer.

 Tout est prêt pour réaliser son fantasme -  j'ai disposé les « accessoires » sur ma table de nuit. J'essaie de me détendre en attendant l'heure d'arrivée de mon cher architecte.

 Il est toujours à l'heure. Je me poste sur le seuil lorsque j'entends les portes de l'ascenseur s'ouvrir. Il est en tenue plus décontractée : blouson de cuir et jean foncé. Je l'accompagne au salon où il retire son blouson avant de s'asseoir sur mon canapé. Il porte une chemise bleue qui fait ressortir la couleur de ses yeux. Il repousse machinalement sa mèche toujours en bataille, un geste que j'aime, typique de « mon architecte ».

Je lui propose quelque chose à boire.
-        Je prendrai la même chose que vous, Alexia.
-        Espérons pour vous que ce  ne soit pas de la ciguë alors, dis-je en plaisantant ce qui le fait rire - du porto blanc Tawny, ça vous va ?
-        Excellent choix.
Je le sers et m'installe en face de lui, dans un fauteuil, serrant le kimono autour de moi. Il esquisse un sourire
-        Très geisha, aujourd'hui, Alexia.

J'ai remonté mes cheveux en chignon haut perché. Je me penche avec une courbette et répond d'une voix fluette.
-        Pour vous servir, noble étranger.
-        Très prometteur, j'attends la partition de koto solo, dit-il avec une mine gourmande.
-        J'aurais dû mettre du saké à tiédir, j'ajoute pensive.
-    Oh, vous aimez le saké, Alexia ? en avez-vous goûté avec des Japonais ? il se penche, intrigué.
-        En effet, un groupe de joueuses de koto et une troupe de danseurs. Ma prof de danses est en relation avec eux et nous avons assisté à un spectacle. A l'issue de celui-ci, nous nous sommes retrouvés à boire du saké, puis comme nous étions plus ou moins éméchés, à chanter en français et en japonais, quelle soirée !
-        Les Japonais se laissent aller quand ils ont bien bu, n'est-ce pas ?
-    Oui, ils se ... débrident - nous éclatons de rire tous les deux -  plus que réservés, ils perdent leurs inhibitions avec un bon nombre de petits verres de saké et là, ils se mettent à chanter, merveilleusement d'ailleurs et à raconter des blagues que nous ne comprenions pas, malgré les efforts d'une traductrice.
-        Si c'étaient des blagues sexuelles, je pense qu'elle avait du mal à vous les traduire, dit-il en riant.
-        Ca devait être le cas, elle était toute rouge et confuse. Je ne saurai jamais quelles sont les blagues sexuelles japonaises.
-        Moi, j'aimerais bien connaître celles de ma geisha. Ses yeux sont brillants et sa mine gourmande.
Je crois qu'il est temps qu'on passe au fantasme de Monsieur Belmont.

J'invite mon architecte à passer dans ma chambre et je lui propose le fauteuil, face à la psyché.
-   Vous pourrez me voir dans le miroir.
-        Et vous vous sentirez plus libre que si je vous fixe - je me souviens d'un texte qui était difficile à taper, dit-il avec un demi sourire.

J'acquiesce en souriant. Il se met à l'aise, déboutonne un peu sa chemise (il fait chaud dans la chambre avec les bougies allumées). Voir son torse et la petite toison qui le recouvre, fait monter ma libido - tant mieux -  je ne me vois pas commencer « à froid ». Donc, j'installe mon architecte et j'en profite pour caresser sa poitrine. Il m'attrape sur ses genoux, se penche et prend mes lèvres entre les siennes, doucement puis les mordille et finalement nous échangeons un baiser très sensuel. Il passe la main dans l'échancrure de mon kimono et effleure mes seins.

-        A toi, maintenant, chuchote-t-il -  fais-le pour moi, j'ai tellement envie de te voir.

Je le quitte et me positionne sur le lit - je vois mon reflet, lui aussi doit bien me voir mais son profil reste dans l'ombre, ce qui me rend plus à l'aise, je ne verrai pas ses réactions.

J'écarte le kimono, lentement, passe mes doigts sur les tétons pour les faire se dresser, caresse mon ventre, descend ma main vers mon mont de Vénus, trouve le petit bouton et commence à le caresser lentement - j'imagine sa main sur moi, ses gestes, le désir monte doucement. Je saisis le sex-toy et l'enduis de gel avant de le positionner devant ma fente et le faire pénétrer, lentement, de plus en plus profondément -  j'entends la respiration de Belmont plus saccadée -  j'aime le provoquer et j'accentue les mouvements de va et viens, plus rapides, plus profonds -  j'ai vraiment envie d'être pénétrée, mais ce jouet n'est pas la jolie queue de mon architecte,le désir est là, mais malgré mes caresses de plus en plus vigoureuses, le plaisir ne veut pas venir, il reste tapis au fond de moi, c'est frustrant - j'ai beau caresser aussi mon clitoris, faire venir le sex-toy en moi,  je reste toujours en attente, au bord du plaisir mais sans libération. Finalement, je retire l'objet et le pose sur le lit, dépitée.
-        Que se passe-t-il, demande-t-il d'une voix douce ? pas de jouissance ?
-        Désolée, mais je n'y arrive pas.
-        Oh, je vois, dit-il avec un petit rire dans la voix. Minoune a-t-elle besoin de moi en renfort ?
-        Ouiiiii... je réponds d'une petite voix.
Il se lève, retire son pantalon et vient près de moi. Il me saisit, me retourne :
-        J'ai envie de Minoune aussi mais de cette manière, tu veux bien ?
Nous n'avons pas encore fait l'amour (baisé ?) en levrette mais je n'ai rien contre, donc j'accepte.

Il me saisit par les hanches, je sais qu'il a une vue totale sur mon intimité -  il passe la main, caresse, vérifie, mais je suis bien lubrifiée avec le gel, alors il pose l'extrémité de son pénis, pousse et entre d'un coup. Un petit cri m'échappe, la sensation est différente dans cette position. L'impression d'être plus pénétrée.

Il commence à aller vigoureusement en moi, peut-être excité par ce qu'il a vu tout à l'heure ou bien par cette position, il y va de plus en plus fort. J'ai l'impression d'un cheval en rut ; il me tient par la taille et accentue les mouvements. Mes seins ballottent au rythme de ses poussées, il doit trouver ça très excitant. Le plaisir ne vient toujours pas, malgré ses coups de reins vigoureux, il passe sa main et frotte mon clitoris pour accentuer les sensations mais je ne sens pas gonfler la vague de jouissance. Il est pourtant tout au fond de moi, mais dans cette position il ne frotte pas le point sensible. Il doit s'en rendre compte car il se retire et me retourne.
-        Minoune n'aime pas les chiens, dirait-on. Nous allons lui procurer d'autres caresses, celles qu'elle aime.
Cette fois, il soulève mes jambes et les place, très haut, pour avoir le bon angle de pénétration et il entre de nouveau, je gémis, car c'est ce dont j'ai envie.
-        Oui, Minoune, susurre-t-il, tu vas aimer, je vais te donner plein de plaisir.

Il sait quel rythme prendre et comment me pénétrer, de plus en plus profondément - j'ai tellement retenu ce plaisir que je gémis doucement « oui, Patrick, s'il te plait » en réponse il force juste ce qu'il faut pour être exactement où il faut -  j'ai chaud, j'ai l'impression d'être gonflée, emplie et la vague de jouissance monte, monte -  je halète et tout éclate d'un coup, m'emportant, criant son nom dans l'orgasme. Il me rejoint très vite, dans un cri, pendant qu'il jouit au fond de moi.

Nous nous abattons sur le lit, fourbus, surtout moi, je suis épuisée, je crois que je ne pourrai plus me lever de ce lit.
Patrick Belmont gentiment me dit de rester tranquille, va à la salle de bain et revient avec ce qu'il faut pour me nettoyer.
Quand il a terminé sa toilette, il s'approche de moi et me dit:
-        Je te laisse dormir ?
Je sens un regret dans sa voix alors je réponds.
-        Vous pouvez vous allonger près de moi, mais mon lit n'est pas aussi grand que le votre.
-        Aucune importance, répond-il immédiatement. Tu penses que je peux rester cette nuit ?
Je saisis bien la demande dans sa voix.
-        Oui, restez, je vous en prie.

Il m'installe sous le drap et se coule également, nu car je n'ai pas pensé à lui trouver quelque chose, mais qui s'en préoccupe ? Il ne se serre pas contre moi, mais se positionne derrière mon dos. Il se penche, je sens son souffle dans mon cou.
-        Dors bien ma petite chatte, fais de beaux rêves.
Je sens le sommeil alourdir mes paupières et je me laisse aller.

 

 Un filet de lumière passe sous la porte, c'est le matin, j'ai merveilleusement bien dormi - à côté de moi j'entends la respiration lente et profonde de mon architecte. Il dort calmement. Je n'ose pas bouger de peur de le réveiller, mais je m'appuie légèrement sur un coude pour le regarder. Les traits détendus, la bouche très légèrement ouverte, il ressemble à un très jeune homme.

Je dois pourtant me lever pour un besoin pressant ; je le fais tout doucement, sans le réveiller. Quand je reviens, je suis passée à la salle de bains faire un brin de toilette. Je me faufile tout doucement sous les draps, mais mon voisin de lit se réveille. Il se retourne et se blottit tout contre moi. Je sens sa virilité du matin contre ma cuisse.
-        Bonjour petite chatte, dit-il tout bas.
-        Bonjour Vous ? Bien dormi ?
-        Oh oui, dit-il en s'étirant paresseusement (qui fait le chat maintenant ?)
Il se frotte contre moi, avec des idées bien précises en tête. Quand il approche son pénis de mon sexe, j'ai un mouvement involontaire de recul.
-        Tu as mal ? demande-t-il
-        Oui, c'est un peu endolori, les ébats étaient musclés hier soir.
Il rit doucement.
-        Mais, si je suis très, très doux,  hum ?

Manifestement, il a de la suite dans les idées. D'ailleurs, il est en train de me faire la démonstration. Avec énormément de douceur, il me caresse et malgré les séquelles de nos ébats d'hier, je sens l'envie m'envahir aussi.
-        Tout doucement, juste pour caresser Minoune, chuchote-t-il
Il s'introduit, très lentement, c'est agréable je le reconnais. Il bouge mais avec précaution, attentif à mes réactions.
-        Tu n'as pas mal ? demande-t-il à voix basse.

Je fais non de la tête ; alors, il  entre un peu plus profondément-  la caresse est douce sur tout ce qui a été malmené - peu à peu, il bouge en moi, en longs passages. Je me détends, je me laisse aller, son sexe est très gonflé en moi, je pense qu'il est sur le point de jouir et qu'il se retient.
-        Viens, je lui murmure.
-        Pas maintenant, pas déjà !
-        Si, et comme il s'arrête de bouger, j'insiste, s'il te plait Patrick.
Il reprend ses longues poussées et en effet il explose en moi, les yeux fermés, la bouche ouverte - je ressens un bien être, un orgasme léger mais suffisant pour me satisfaire.
Il se laisse tomber sur le lit tout près de moi.
-        Alexia, tu vas me faire mourir de plaisir - Sa voix est hachée - et toi ? tu es bien ? 
Il semble douter.
-        Oui, merci, je réponds en riant, je n'avais pas envie de plus !!
Il rit avec moi.
-        Toujours endolorie ?
-        Ca va mieux, maintenant, j'ai trouvé le remède.
-        Ah ???
-        Liqueur Belmont, très efficace.

Là, il éclate de rire et puis il me prend dans ses bras, me serre contre lui.

Finalement, il se lève et me dit qu'il va faire un brin de toilette. Je me pelotonne en boule et reste, les idées dans le vague, dans ma petite bulle de bien être.
Mon architecte est revenu, habillé, il se penche vers moi.
-        Reste à dormir un peu, tu en as besoin. J'ai du travail en retard, je vais aller bosser.

Il dépose un baiser sur mon oreille, sous les cheveux et s'en va.

 



03/07/2014
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