Plume et parchemin

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Chapitre 12 bis - Un repas somptueux -

Un repas somptueux ( suite )

 

 

Nous finissons notre vin remarquable, refusons le café. Nous admirons un bateau qui passe tout illuminé sur l’Erdre et le moment de quitter le restaurant approche.

Monsieur Belmont se lève, recule ma chaise, me tend mon étole… j’adore cette prévenance d’un homme bien élevé. Il me tend son bras, c’est peut-être aussi bien, je ne suis pas certaine de n’avoir pas un peu trop bu. Nous traversons la salle, je marche en regardant droit devant moi. La personne de l’accueil le salue chaleureusement (je pense qu’il a déjà réglé avant le repas, ou bien ils lui enverront la note, c’est très délicat) et il me conduit à sa voiture. Naturellement, il ne va pas me renvoyer en taxi !

Il m’installe dans son véhicule et fait le tour pour s’asseoir au volant. Il se tourne vers moi et me dit :

-          Rien que pour voir les regards envieux dans la salle de restaurant en vous découvrant à mon bras, je serai capable de vous emmener dans tous les endroits chics de l’agglomération !

J’éclate de rire…

-          Et moi qui voulais vous remercier pour cette merveilleuse invitation !!

-          C’est moi qui devrais vous remercier d’avoir accepté et d’être aussi belle et élégante. Les femmes vous fusillaient du regard et les hommes en bavaient d’envie.

-          Oh, vous avez eu le temps de voir tout ça ? Je n’ai rien remarqué du tout.

-          Vous marchiez comme une déesse, de votre joli pas de danseuse.

-          Enfin, je faisais surtout attention à marcher droit… ce vin est quand même un peu traître au final, j’avoue avec une petite moue.

-          Seriez-vous en état d’ébriété, Alexia ? il me regarde d’un air soupçonneux.

-          Un peu grise, je l’avoue. Mais j’ai adoré cette soirée, Monsieur Belmont, c’était une pure merveille.

Mon architecte me fixe en fronçant les sourcils. Qu’y-a-t-il ?

-          Alexia, vous criez mon prénom quand je vous porte à la jouissance et maintenant je n’ai plus droit qu’à « Monsieur Belmont » !

-          Désolée… je ne sais pas quoi lui dire.

-          Vous voulez gardez vos distances ? c’est ça ? demande-t-il inquisiteur.

-          Oui… je pense que ça vaut mieux, non ?

-          C’est vous qui voyez, Alexia, répond-il sur un ton un peu sec.

Il démarre le moteur et recule la voiture. Je l’ai vexé mais je ne sais pas comment expliquer. Garder les distances est nécessaire, sinon, je vais m’attacher et je n’ai pas envie de souffrir de nouveau.

Il conduit dans la nuit qui est tombée, sans un mot. Il a allumé la radio sur la chaîne classique. Je me laisse bercer… cet excellent repas, le vin sublime. Je caresse doucement le petit bracelet à mon poignet, passe mon doigt sur le petit téléphone… quel souvenir !

 

Nous arrivons devant mon immeuble. Il stoppe la voiture mais ne fait pas de créneau. Message perçu, il ne veut pas me raccompagner. Je me tourne vers lui pour lui dire au revoir et le remercie encore une fois pour cette merveilleuse soirée.

Je passe la main sur son bracelet.

-          Je crois que je vous dois un baiser en remerciement ?

-          Je le réclamerai en temps voulu, vous pouvez en être certaine. Ce soir, je vous laisse à vos rêves, Alexia. Le ton est très neutre.

Il sort pour m’ouvrir la portière, m’aide à descendre et attends sur le trottoir que j’ai ouvert la porte de mon immeuble. Je fais un petit signe de la main, il répond de même et remonte dans sa voiture. J’attends mon ascenseur et vois les phares de la petite Toyota s’éloigner.

 

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30/01/2016
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