Plume et parchemin

Plume et parchemin

chapitre 14 - pique-nique

Chapitre 14

Balade en bord de rivière

 

 

            Je ne sais pas si j’ai fait des beaux rêves, je crois surtout que ma nuit a été un peu agitée. Je me suis tournée et retournée dans mon lit avant de trouver le sommeil. Je passe un petit mail ultra rapide à mon architecte en buvant mon thé et grignotant mes toasts. Je n’aime pas passer mes messages privés sur l’ordi de mon bureau.

« Cher Patrick ou dois-je écrire cher Monsieur Belmont ? Comment va mon architecte ce matin ? Se sent-il en forme pour attaquer la journée ? J’espère que ses projets pour la future médiathèque vont prendre forme sans que l’entrée soit qualifiée de « porno » !! Bonne journée, je file bosser ! J’embrasse mon architecte préféré. Alexia »

 

Le temps de préparer mes affaires, la réponse arrive, juste avant que je quitte l’appartement.

« Ma chère Alexia, tendre infirmière qui a si bien pris soin de moi. Mes fièvres ont l’air de s’être calmées et grâce au remède miracle, j’ai passé une très bonne nuit. Je suis prêt à dessiner une bâtiment plein de courbes, je garde en mémoire une vision de deux belles rondeurs, j’en sens encore la plénitude sous mes mains…. mon Dieu, je m’égare… Promis, je vais être sage et créer une médiathèque que tu adoreras. Je redessine aussi ton corps de mes lèvres. Patrick, ton architecte ».

Un petit coup de chaleur en lisant cela avant de partir bosser. J’ai hâte d’être au week-end, que va-t-il inventer ? J’ai été très touchée par son coup de blues d’hier et surtout qu’il ait fait appel à moi. Je ne sais pas si c’est une qualité ou un travers féminin, cette envie de prendre soin de nos hommes lorsqu’ils mettent de côté leur armure masculine et nous offrent leur fragilité. Désarmant et attendrissant… j’étais pourtant bien résolue à garder mes distances (qui a susurré « c’est cela, oui » avec un petit ricanement ?)

 

Je passe le jeudi et le vendredi à bosser comme une dingue mais avec en tête l’idée du week-end qui va arriver et son petit supplément de plaisirs pimentés ou doux, je ne sais plus très bien ce qui se passe dans la tête de mon architecte.

Vendredi soir, j’ai hâte de rentrer chez moi… me détendre et consulter le programme proposé. Je deviens accro aux fantasmes Belmontais.

Un mail m’attend en effet dans ma boîte, envoyé très récemment (il connaît sans doute mes horaires).

« Ma très chère Alexia, enfin le week-end pour souffler un peu. J’ai été très créatif, tu m’as inspiré – rien de très érotique, enfin au moins au sujet des plans. Il faudra que je te montre ce que j’ai conçu pour le projet de la future médiathèque, j’aimerais beaucoup ton ressenti en tant que « lectrice ». (Oh, je suis touchée qu’il m’associe à ses projets).

Il fait beau, le soleil brille, brille, brille et demain je propose une country party. Déjeuner sur l’herbe, jupe légère et bain dans la rivière. Cela te convient-il ?

Ton architecte, un peu fou (de ton corps) ».

 

Hummm j’avais pensé à une rencontre dans la nature et il me la propose. Où je ne sais pas, mais je lui fais confiance, il a dû tout prévoir. Quel homme organisé ! Je réponds vite :

« Mon cher architecte, l’idée de cette country party me comble de joie ! C’est en effet le temps idéal pour flâner dans l’herbe. Bain dans la rivière ? maillot de bains ? En attente des modalités pour demain, plein de pensées vers toi, Alexia ».

 

La réponse est instantanée.

« Ma belle amie, je rêve déjà de ce déjeuner sur l’herbe. Maillot de bains ? Pour quoi faire ? Les modalités que madame attend : Je viens te chercher demain matin à 10h30. Je prépare le pique nique, tu peux apporter ta crème solaire, j’ai hâte d’enduire tout ton corps (si c’est de l’huile tu vas me glisser entre les doigts !)

Comment vais-je dormir en imaginant tout cela ? Si seulement j’avais un petit triangle de dentelle noire à respirer, cela me servirait de doudou … A demain avec impatience, Patrick ». 

 

Ah mon impatient architecte devient de plus en plus fou… un doudou avec mon slip en dentelle… j’en ris bien sûr mais ça contracte aussi quelque endroit, là, tout en bas. Penser à lui me fait cet effet là. Vivement demain, pour regarder les feuilles à l’envers !!

 

Nous sommes partis dans sa voiture vers les bords de la Sèvre Nantaise. Patrick m’a expliqué qu’il avait un ami, parisien, qui possédait une belle propriété au bord de l’eau. Ne pouvant pas venir très souvent, il lui avait proposé de profiter du superbe parc. C’est là que nous nous rendons pour notre country party !

Il a pris un grand panier de pique nique, j’ai des serviettes de bains et une couverture pour nous allonger sur l’herbe.

Nous nous sommes installés sous les arbres pour ne pas cuire au soleil. J’avais enfilé une petite robe à bretelles et mes sandales et mon architecte paraissait très jeune dans une tenue décontractée.

Après avoir été porter les bouteilles à rafraîchir dans la rivière, il revient près de moi, enlève son tee-shirt (hummm…) et commence à défaire le zip de ma robe. Il la fait glisser doucement, prenant tout son temps. Je porte dessous (n’en déplaise à monsieur) un maillot de bains deux pièces ; le haut remonte bien les seins et le slip est très échancré. Je manque juste de bronzage pour que ce soit vraiment joli, mais je n’ai guère le temps de paresser au soleil.

Mon architecte verse de l’huile solaire sur ses paumes et passe ses mains, très lentement du cou jusqu’au décolleté, caresses douces, très légères. Il dégrafe le soutien-gorge et me pousse doucement sur la serviette pour que je m’allonge. Je le laisse faire ce dont il a envie, je l’observe juste entre mes cils. Il a l’air très concentré, comme s’il dessinait quelque chose d’imaginaire. Ses mains continuent à glisser, aussi légères que des plumes, sur tout mon corps, appuyant seulement par moments sur ma taille ou mes hanches pour mieux les imprimer dans ses paumes. Il descend le long des jambes, massant les mollets, les chevilles, puis les pieds… je suis totalement détendue sous ses longs frôlements. Il me saisit par le bras et dit

-          Retourne-toi, s’il te plait.

Je me couche à plat ventre. Il passe de nouveau ses mains à partir de mon cou, en soulevant mes cheveux, dans mon dos, massant la colonne vertébrale, descendant et appuyant un peu plus au creux des reins. Il fait glisser doucement le bas du maillot, pour me dénuder entièrement. Je ne bouge pas, je suis alanguie sous ses gestes. Il masse doucement mes fesses, puis effleure l’intérieur des cuisses, continue le long des jambes, en longs effleurements. C’est délicieux… j’adore être l’objet de ses attentions…. Comme si mon corps lui appartenait et qu’il en prenait doucement possession, mais de manière tellement différente des étreintes passionnées des premiers moments de nos rencontres. 

Quand il a entièrement massé, enduit tout mon corps, il se penche et m’embrasse doucement dans le cou, sous l’oreille.

Il s’allonge près de moi. Je pose une main sur son torse, et saisit le flacon d’huile solaire.

-          Je peux aussi ? je chuchote.

-          Avec plaisir, me répond-il avec un joli sourire.

Je dégrafe son pantalon et le fait glisser, puis le boxer short afin de le dénuder également. Je reproduis ce qu’il a fait, avec les caresses, les effleurements, les massages… moi aussi je prends possession de tout son corps, en explore chaque centimètre. C’est tellement merveilleux de le voir ainsi totalement décontracté, abandonné sous mes doigts. Il a les yeux clos, j’embrasse ses paupières qui palpitent un peu, je pose des baisers légers sur son front sous la fameuse mèche rebelle, sur le lobe de son oreille… j’approche de sa bouche que j’effleure… je mordille un peu sa lèvre inférieure, passe ma langue tout autour … mon dieu, j’ai envie d’un baiser passionné, mais il ne réagit pas, alors je descend le long de son menton, de son cou, trouve le petit creux de l’omoplate que je couvre de bisous doux. Je retrouve la marque que je lui ai laissée avec mes dents, j’en suis le contour de mes doigts….

-        Tu devrais me marquer aussi, je chuchote.

Il ouvre les yeux, tout grands.

-        Hummm, j’ai même envie de te manger…

Il se penche vers moi, pose sa bouche sur mon sein, mordille un peu, descend vers le nombril… où va-t-il me marquer ?

Il me tourne dos contre lui et sa bouche vient se coller sur la chair de ma fesse, il mord, un peu, attendant ma réaction, je ne dis rien, il accentue un peu plus, sa bouche contient plus de chair et ses dents s’impriment dedans, un peu plus, attend-il que je crie ? Cette morsure fait à la fois mal mais réveille des sensations au fond de moi. Il appuie juste encore un peu et retire sa bouche, pour admirer la marque qu’il m’a laissée. Il la lèche doucement…je halète, j’ai envie de lui, terriblement.

Sa main vient caresser mon sexe, jouant avec le petit bouton, le frottant du pouce – je me souviens du premier jour où il l’a fait, alors que j’étais au téléphone – les sensations montent, je m’arque sous ses doigts. Il introduit deux doigts en moi, les bouge doucement…

-        Minoune, si douce, si humide, petite chatte que j’adore…

Il continue son doux supplice… j’ai envie qu’il me prenne plus fort, sa queue en moi…

-        Minoune te veut, je murmure, presque hors d’haleine.

-        Gourmande petite Minoune ...

Il se penche et pose sa langue sur mon intimité… oh non, c’est vraiment trop !! Je bouge, je m’arque sous cette caresse.

-          Comme elle a faim… il rit doucement.

-          Faim de toi ! s’il te plait, Patrick…

-          Moi aussi j’ai faim de toi …tellement…

Il se place contre moi et pousse doucement son sexe sur la fente de mon intimité, je suis ouverte, il peut glisser en moi, comme il le veut, j’ai trop envie qu’il me pénètre, profondément.

Il me fait l’amour, longuement, savamment, je vogue sur des vagues de plaisir, il joue à ralentir ou accélérer à son gré, il prend tout son temps pour faire durer ces moments délicieux… je le regarde, nos yeux s’accrochent, il est si beau dans son rôle de mâle qui me domine et j’aime qu’il le fasse… Il s’enfonce un peu plus profondément en moi, je gémis doucement, alors il se penche et saisit ma bouche sous ses lèvres… enfin nos bouches s’unissent, nos langues s’enlacent… une véritable communion alors que nos deux corps sont fondus l’un dans l’autre… et ma jouissance éclate en longs spasmes, qu’il boit littéralement dans ma bouche… il me serre plus fort et jouit aussi alors que j’accentue notre baiser pour ressentir totalement son plaisir. Nous restons enlacés, totalement repus de cet échange si intense. Nous reposons enfin sur la serviette, haletants… je le regarde, caresse son visage. Il a fermé les yeux comme s’il refusait de me laisser voir ses pensées.

-          Tu n’embrasses pas souvent ? C’est une communion totale…je demande doucement.

-          Oui, c’est tellement intime, beaucoup plus que de te prendre…

-          Mais cette fois, tu ne m’as pas uniquement « prise », je me trompe ?

-          Non, j’avais envie de te faire l’amour, pas uniquement de posséder ton corps, de communier avec tout ton être…

-          Je l’ai ressenti… une union de nos deux corps, de nos deux esprits… c’était tellement intense.

-          Tu te donnes toujours à moi avec confiance et j’ai toujours adoré. Je ne me livre pas si facilement, dit-il avec une petite moue.

-          Cette fois, j’ai eu la sensation que tu étais plus proche…

-          J’ai l’impression que dans un baiser, tu bois mon âme, avoue-t-il.

-          Tu as peur ? je demande doucement. Peur de souffrir ?

Il me regarde longuement sans répondre.

-          Moi aussi, j’ai eu du mal à baisser ma garde, tu le sais bien… Nous avons toujours peur de montrer nos fragilités de peur que « l’autre » s’en serve pour nous tourmenter…

-          Les deux blessés de l’amour… dit-il avec une petite moue amère.  

-          Ne hâtons pas les choses, laissons nos cicatrices guérir doucement. Déjà, nous nous faisons du bien, n’est-ce pas ? Et gardons nos fantasmes pour jouer, ça aussi c’est une belle complicité entre nous.

 

Il y a des paroles trop intenses qu’on ne peut pas prononcer, nous savons tous les deux que nous nous rapprochons… laissons faire le temps pour voir où cela va nous mener.

Nous profitons de cette belle journée pour paresser au soleil et quand nous avons trop chaud, il m’emmène me glisser dans l’eau fraîche de la rivière. J’ai un peu d’appréhension de descendre dans cette eau froide mais il me tient contre lui.

-          Tu es bon nageur ? je demande un peu anxieuse.

-          Excellent ! tu peux me faire confiance !

-          Ah parfait ! Je ne suis pas du tout une bonne nageuse, je barbote tout au plus…

Il éclate de rire, me serre un peu plus contre son torse, tout frais… une agréable sensation que sa toison mouillée sur le bout de me seins… qui se mettent à durcir… Il s’en aperçoit et les prend délicatement dans sa bouche pour les sucer, longuement ce qui déclanche de nouvelles pulsations au creux de mon ventre. Il frotte son sexe, sur moi, ce qui le fait durcir…

-          J’ai envie de te prendre, là, dans l’eau…

-          Tu peux essayer…dis-je un peu haletante.

Il m’appuie sur la rive, me soulève un peu et me pénètre, tout mouillé, tout frais, c’est délicieux. L’eau clapote autour de nous, fait un drôle de bruit quand il va et vient en moi… des petites vaguelettes caressent mon clitoris, tout mon sexe, c’est très excitant.

Il me saisit par la taille et j’agrippe mes jambes autour de lui pour qu’il me pénètre plus fort. Ses coups de reins sont de plus en plus puissants, je n’en peux plus…

-          Jouis, ma chérie, jouis, j’ai envie de ton plaisir…

Je suis accrochée à lui, mon visage dans son cou, mes bras noués autour de lui et je laisse la jouissance déferler comme un ras de marée qui m’emporte. Il me tient entièrement dans ses bras… je me mets à pleurer…cette plénitude, ce sentiment de parfaite harmonie est trop, trop fort, inquiétant, je suis dans l’eau mais j’ai eu l’impression de me noyer… en lui.   

Il ne dit rien, mais m’emporte un peu plus haut sur la rive, me tient serrée contre lui, me berce doucement, me chuchote des petits mots doux, caresse mes cheveux.

Il me prend finalement sur ses genoux, me love contre son torse.

-          Alexia ? demande-t-il à voix basse…

Je lève les yeux, plonge dans son regard, un peu anxieux. Que dire ? … je fais un petit signe de dénégation de la tête … je ne peux rien expliquer… toute cette intensité m’a complètement bouleversée.

-          Je sais, dit-il, comme s’il suivait ma pensée… ce n’est rien…je suis là…

 

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22/07/2014
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