Plume et parchemin

Plume et parchemin

Chapitre 4 - Au cabinet d'architecte

Chapitre 4

Visite au cabinet d'architecte

   

            La vie a repris son cours normal, mon boulot avec ma supérieure n'est plus interrompu par les fantasmes de Monsieur Belmont puisqu'il va voir son dossier résolu très prochainement. Peut-être ce petit piment me manque-t-il, même si c'était un peu risqué et embarrassant. Mais ces jeux érotiques me faisaient du bien ; l'impression de vivre pleinement.

 Maître Surgères est débordée de travail et du coup je suis aussi sous pression pour lui apporter l'aide la plus efficace possible. J'ai l'impression le soir de rentrer, le dos crispé d'être restée assise à taper devant mon ordi, les yeux brûlants et je n'ai qu'une envie, me doucher et aller me reposer. Les samedis m'apportent la détente quand je peux bouger à mon cours de danse où je me donne à fond pour dérouiller mon corps. Je n'ai pas rencontré le bel architecte, nous ne devons plus avoir les mêmes horaires.

Le lundi, maître Surgères, une fois que nous avons fait le point sur les dossiers urgents à traiter, me dit soudain :
-        Ah, il y a aussi le cas Belmont ! Je l'ai contacté au téléphone mais il est en plein boulot sur un projet et il n'a pas le temps de passer à mon étude. Alexia, il faudrait que vous alliez à son cabinet pour récupérer les résultats des enquêtes et nous allons boucler le dossier.
-        Bien maître, quand voulez-vous que ce soit fait ?
-        Je lui passe un coup de téléphone et je vous dis quand il vous attend.

 Je retourne dans mon petit bureau pour travailler mais quand je pense à ce que m'a dit ma supérieure, j'ai un petit pincement au creux de mon ventre, même beaucoup plus bas. Allons, tu ne vas pas commencer à fantasmer toi aussi, tu le rencontreras à son cabinet d'architectes, il ne sera pas seul et il a plein de boulot.

 Finalement, c'est le lendemain que ma « boss » me dit :
-        Belmont vous attend ce soir, Alexia. Il aura préparé tous les dossiers, passez les prendre en fin d'après-midi.
-        Oui maître, à quelle heure dois-je me rendre au cabinet d'architectes ? je réponds d'une voix neutre.
-        Partez un plus tôt pour être là-bas juste avant 19 h. Mais de toutes façons il a dit qu'il travaillait tard en ce moment.
-        Parfait, je vais y aller ce soir.

 La journée me semble longue alors que d'habitude je suis tellement surchargée de travail que je suis toujours surprise quand arrive l'heure de quitter le bureau. Ce soir, je vais partir un peu plus tôt pour me rendre chez « E.Metrics » le cabinet d'architecture. Je vais prendre un bus et je n'aurai presque pas à marcher ; pas question d'arriver dégoulinante de sueur.

 Je suis devant l'immeuble, prend l'ascenseur et monte au premier étage. Une grande porte avec la plaque indique les bureaux. Je sonne et la porte s'ouvre toute seule. J'entre et me trouve dans une grande pièce, divisée en trois « pôles » où sont placés des ordinateurs. Un homme est assis, les autres pôles sont vides, mais il est déjà 19h, ils ont peut-être terminé leur journée de travail. L'architecte se tourne vers moi et me demande :
-        Bonjour Mademoiselle, vous aviez rendez-vous ?
-        Oui, je dois voir Monsieur Belmont, je suis la secrétaire de son avocate.
-        Ah bien.

Il se lève et me fait signe de le suivre au fond de la pièce. Un couloir prolonge la salle, il frappe à une porte et l'entrouvre.
-        Patrick ! la secrétaire de ton avocate est là pour toi !
-        Fais-là entrer.

Il s'efface et j'entre dans le bureau ; spacieux, encombré d'une grande table à dessin, de classeurs et un large bureau ancien en bois foncé occupe le fond de la pièce. Son ordinateur et le matériel informatique se trouvent sur la droite, sur une table spécifiquement aménagée.

Monsieur Belmont est en tenue plus décontractée : Une chemise bleu pale ouverte en haut, sans cravate, pas de veste, un pantalon de toile. Il vient vers moi et me salue, sa poignée de main est ferme, chaude, agréable.

Nous échangeons de façon professionnelle sur les dossiers qu'il me remet, m'expliquant ses recherches et découvertes.

-        Vous direz bien à maître Surgères que tout ce qu'elle avait échafaudé s'est révélé exact et j'ai les preuves de l'infidélité de mon ex-épouse, ainsi que le nom de son amant.
Son ton essaie de rester neutre, mais je sens bien qu'il jubile intérieurement.
-        Finies les menaces, la pension alimentaire exorbitante, j'en suis très heureuse pour vous, Monsieur.
-        Votre sollicitude me touche beaucoup, Mademoiselle Delville - il fait une petite courbette puis me regarde, intensément.
Je saisis le dossier qu'il a préparé, rassemble les feuillets pour ne pas le fixer dans les yeux et place le tout dans ma serviette en cuir.
-        Dès demain, je remettrai ceci à votre avocate et je pense que tout ira ensuite très vite. Nous vous tiendrons au courant, naturellement.
Je suis sur le point de prendre congé de lui, il me tend la main de nouveau et quand je la saisis, il marque un temps d'arrêt en la gardant.
-        Accepteriez-vous de fêter cette réussite autour d'une coupe de champagne, Mademoiselle Delville ? Je vais préparer une petite réception.
-        Avec plaisir. Dois-je en informer ma supérieure ?
-        Si vous voulez. Je vous enverrai un mail pour vous dire où et quand j'ai prévu cette petite fête.
-        Fort bien. Je transmettrai le message.

 Nous restons très formels, alors qu'il me raccompagne vers la sortie, je souhaite le bonsoir à son collègue et reprend l'ascenseur pour quitter l'immeuble.  

Manifestement les fantasmes de Monsieur Belmont ne sont pas du domaine de son lieu de travail - ceci dit, je le comprends parfaitement. Ai-je suggéré que je le regrettais ?

 



22/06/2014
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