Plume et parchemin

Plume et parchemin

Chapitre 6 - fantasme n° 2

Chapitre 6

Fantasme n° 2

 

            J'attends un message de Monsieur Belmont, lorsqu'il aura du temps libre pour donner suite à mes fantasmes. J'avoue qu'ils ne sont pas vraiment extraordinaires, quelque chose de plutôt banal, mais au moins j'ai écrit ce que je souhaitais. Il est sûrement plus imaginatif que moi cet architecte, je me demande toujours ce qu'il va inventer ou alors ça le prend impulsivement, il ne calcule rien à l'avance ? En tous les cas, quand il se laisse aller à ses pulsions ce n'est pas désagréable mais plutôt saisissant.

La semaine est passée et le week-end va arriver, enfin, j'ai hâte de souffler un peu, le boulot a été intense. Samedi matin le cours de danse et ensuite, temps libre à moins que ...

 Je lis mes mails avant de partir en ville pour mon cours. Tiens, un mail de Monsieur Belmont.

« Que diriez-vous ce soir de venir continuer nos exercices ? Rendez-vous place de Bretagne à 21 h - Je vous laisse libre de choisir la tenue que vous préférez - Hâte de revoir Minoune ! Patrick Belmont »

Place de Bretagne ? Il a lu la deuxième page de mon carnet semble-t-il. Je vais aller détendre mon corps à la danse et au retour je penserai à ce que je pourrais porter ce soir.

 Je passe ma garde-robe en revue pour nos retrouvailles de la soirée. Quelque chose de très pratique, je dirais « qui se relève facilement », mais avec un peu de piment. Je vais remplacer mes bas auto-fixants par le plus classique porte jarretelles et des jolis bas soyeux ; lingerie en dentelle noire et jupe souple, en corolle, avec un petit haut ajusté, échancré et un boléro. Je ne vais pas attacher mes cheveux mais les laisser libres dans mon dos, juste une grosse pince pour les empêcher de retomber sur mon visage.

 Je prends le tram pour descendre en centre ville et me dirige vers la place de Bretagne. J'aperçois monsieur Belmont adossé à un mur qui consulte son téléphone portable. Je m'approche de lui, j'ai le coeur qui bat un peu plus vite. Il ferme son téléphone et attend que je sois près de lui.
-        Bonsoir Alexia, vous allez bien ? sa voix est un tout petit peu plus basse qu'à la normale.
-        Bonsoir Monsieur Belmont. Je vais très bien merci.
-       J'ai ouvert votre carnet pour prendre connaissance du deuxième exercice. « Ascenseur » je crois que celui de la Tour, ici, est le plus haut, n'est-ce pas ?
-        Je le pense en effet.
-        Nous le testons ? demande-t-il.

J'acquiesce, alors il prend mon coude et me conduit vers le hall de la tour où se situent les ascenseurs.

Il n'y a pas beaucoup de monde à cette heure, seul « le Nid » le bar du 32 e étage est ouvert mais jamais très fréquenté de nuit, les gens préférant avoir une vue plongeante en plein jour.

 Monsieur Belmont appelle un ascenseur et nous restons sans rien dire à l'attendre. Lorsque les portes s'ouvrent, il me fait entrer devant lui, les portes se referment et nous sommes là tous les deux face à face. J'ai le souffle un peu court et j'avoue que je me sens très excitée. Il plonge les mains dans mes cheveux et dit :
-        Merci d'y avoir pensé, j'aime les sentir libres.
Il colle son corps contre moi, je sens sa chaleur, son parfum, bientôt la rigidité de son sexe contre mon bas-ventre.
Il passe les mains sous ma jupe, caresse le haut des bas, touche le porte-jarretelles.
-        Hummm, j'adore, excellent choix.
Il presse mon entrejambe de sa main, mais je suis déjà très humide.
-        Tu as envie ? Je peux ? Maintenant ?
-        Oui,  je murmure.

Il défait son zip, sort sa queue toute raide, il baisse mon petit slip et d'un coup rapide il est en moi. Je pousse un petit cri de plaisir.
-        Je vais te faire jouir avant le 15e étage, chuchote-t-il tout contre mon oreille.
Il va et vient et j'adore ses mouvements. J'adore qu'il me prenne debout comme dans mon bureau le fameux jour du téléphone. Je le sens glisser, j'aime ces sensations, très puissantes. Nous sommes aussi tout près l'un de l'autre, je m'accroche à ses épaules, me serre contre lui et il intensifie ses mouvements jusqu'à ce que l'orgasme fuse brutalement. Je plonge mon visage sur son épaule pour étouffer mon cri. Il m'enserre, tendrement cette fois, murmure :
-        C'est bien ! Une gentille élève bien appliquée qui va avoir une très bonne note.

 Il me garde contre lui un instant le temps que je reprenne mes esprits, puis se retire rapidement, referme son zip, remonte ma petite culotte, lisse ma jupe, comme si rien ne s'était passé. Nous arrivons au 32e étage et les portes s'ouvrent. Il me tend la main, que je prend avec plaisir car je me sens plutôt vertigineuse.

Il me conduit vers le bar où d'énormes coquilles d'oeufs se transforment en sièges et tables, c'est un peu surréaliste et très cosy. Nous nous installons, il se place près de moi. Par les grandes baies vitrées, la vue est superbe sur toute la ville illuminée.
-        Je n'étais jamais venue ici, dis-je.
-        Non ? Alors c'est une première ? demande-t-il avec un sourire.
-        Oui, la grimpée aussi d'ailleurs.
Il se met à rire et ajoute.
-        Je suis très honoré d'avoir pu être le guide de cette première ascension. Vos impressions ?
-        Je me sens une âme d'alpiniste. Je réponds en le regardant droit dans les yeux.
-        Vous avez beaucoup de talents... peut-être ignorés. Il faut les révéler !
-        Rien de tel qu'un architecte pour avoir l'oeil et détecter les détails.
-        N'est-ce pas, dit-il d'un ton amusé, je suis très content que vous ayez fait appel à mes services.
-        Je ne suis pas certaine d'avoir « fait appel », je crois que les propositions venaient plutôt de vous.
-        Oui, en effet, vu sous cet angle. Le regrettez-vous ? son regard est inquisiteur.
-        Jusqu'à maintenant, non ? Je n'ai aucune récrimination. Je serais vraiment très hypocrite de me plaindre... même pour les petites culottes trempées !
-        Parfait ! Alors pourrons-nous continuer à tourner les pages du carnet ?
Je fais un signe d'acquiescement de la tête.
Le serveur vient prendre notre commande et il se tourne vers moi pour me demander ce que je souhaite.
-        Un capuccino, s'il vous plait.

 Il commande un café noir pour lui et en attendant qu'on nous rapporte nos deux boissons, un petit silence s'installe.
-        Je ne sais pas si l'expérience vous a vraiment plu, je demande, je crois que vous n'avez cherché qu'à me faire plaisir.
-        Naturellement, c'était « votre » fantasme, Alexia et puis je ne suis pas encore assez goujat pour vous laisser sortir de l'ascenseur dégoulinante dans un endroit public. Il me reste un peu de savoir vivre, dit-il avec un petit sourire. Mais ne craigniez rien, ça m'a beaucoup plu et j'ai aimé vous faire plaisir.
-        Merci. Ce n'était pas une première pour vous, n'est-ce pas ?

-        Exact mais c'est arrivé uniquement dans l'ascenseur qui menait à mon appartement, une énorme différence avec un lieu public.

 Nous restons à bavarder tranquillement en sirotant nos cafés. Il me pose des questions sur mon mode de vie.
-       Je suis surpris, Alexia, que vous n'ayez personne dans votre vie, ce que vous m'avez confié l'autre jour. Comment une jeune fille aussi jolie que vous reste célibataire et sans amant, c'est le cas, si j'ai bien compris ?
-       En effet, c'est le cas.
-       Pas d'amoureux ?
-       Il y a eu....je reste évasive.
-       Ah et... déception ?
-       Oui et rupture.
-       Je vois - ça fait mal et on n'a pas envie de se brûler une autre fois.
-       Non pas envie du tout.
Un autre petit silence s'instaure et puis il reprend la parole.
-        Si je n'étais pas venu bouleverser votre libido, vous seriez restée chaste pendant longtemps ?
-        J'en ai peur. Je sors très peu.
-        Vous ne vous laissez pas draguer, si j'en juge par les avances repoussées à ma soirée.
-        Non, je ne suis pas très intéressée par la drague.

Je m'arrête car je vois dans son regard qu'il doit être en train de cogiter « mais pourquoi a-t-elle accepté ce jeu avec moi ? » pour tout avouer, je n'en sais rien moi-même ou alors ça correspondait à un besoin qu'il a su satisfaire.

 Nous partons un peu plus tard, reprenons le fameux ascenseur, mais cette fois nous nous mettons à rire en entrant dans la cabine ; le moment de folie est passée et nous sommes sages en regardant défiler tous les étages les uns après les autres. La descente ne nous donne pas d'envie particulière. Seule la montée nous permettait de grimper au  7e ciel.

Il a garé sa voiture au parking assez proche et me propose de me raccompagner. J'accepte, ça m'évite d'attendre le tram, le soir il y a moins de passage et je dois souvent attendre 20 minutes avant qu'une rame arrive.

Il connaît le chemin par coeur pour se rendre à mon immeuble. Nous nous saluons et de nouveau il me demande s'il peut m'envoyer une invitation pour le « prochain exercice », ce que j'accepte.

 

 



26/06/2014
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