Plume et parchemin

Plume et parchemin

chapitre 8 - Curieuse proposition

Chapitre 8

Une curieuse proposition

 

            Ce week-end a été particulièrement déroutant pour moi, car ajouté aux petits jeux sexuels qui sont devenus notre activité favorite, il y a eu ces moments de complicité, d'échanges plus intimes et le fait qu'il ai « veillé » sur moi, je suis un peu déroutée. Interdiction de tomber amoureuse de Monsieur Belmont ! Je me rends bien compte à quel point il peut être complexe, je n'ai pas envie de me brûler les ailes à essayer de le déchiffrer. Je suppose qu'il a cherché un peu de compagnie pour ce week-end, comme il l'a affirmé « marre de dormir seul » mais ça n'ira pas plus loin. J'attendrai qu'il me recontacte quand il en aura, soit envie, soit le temps.

 La semaine a été, comme d'ordinaire, bien occupée au niveau du boulot -  Madame de Surgères brasse beaucoup d'affaires. Heureusement, je suis secondée par son adjoint, qui traite les dossiers les plus complexes. J'ai assez à faire avec le reste à taper, les rendez-vous à gérer etc. Donc la semaine passe très vite et quand arrive le vendredi soir, je sais que je vais pouvoir me changer les idées pour le week-end : mon cours de danse du samedi matin et ensuite, je verrai bien en fonction de mes envies et ... peut-être de celles de Monsieur Belmont ?

Je passe le samedi à faire un peu de shopping, ça fait longtemps que j'ai envie d'aller dans les librairies voir les nouveautés et traîner un peu dans les boutiques de mode (pourquoi cher lecteur alliez-vous dire de « lingerie » ?)

Cocooning le samedi soir, je vais me passer un DVD ou lire le bouquin dont j'ai fait l'acquisition.

Je vérifie mes mails avant de dîner -  juste au cas où -  bon, OK, je l'avoue j'attends des nouvelles de l'architecte.

Et justement il y a un de ses messages.

« Chère Alexia, Je vous propose un dimanche après-midi, consacré plus ou moins à la quatrième page de votre carnet, mais plutôt à un autre de mes fantasmes. J'espère que vous n'y verrez pas d'inconvénient ? Pour réaliser ceci, je pense venir pour chercher demain à 15 h - je n'en dis pas plus, ce sera une surprise. Si vous n'étiez pas libre, voulez-vous me le faire savoir ? Votre tenue ? Soyez juste aussi jolie que vous l'êtes habituellement. Patrick Belmont ».

 Ah, un autre de ses fantasmes ? Il pourrait emplir un carnet entier et pas seulement 4 malheureuses pages ! Un dimanche après-midi et il vient me chercher ? Où va-t-il me conduire ? Pas à la campagne sinon il aurait spécifié une tenue particulière ? Juste « aussi jolie que vous l'êtes habituellement » ça signifie quoi ?

Tout ça titille ma curiosité, je dois l'avouer -  bon, je vais lui répondre.

 « Cher Monsieur Belmont, je suis libre demain après-midi et vous attendrai en bas de chez moi à 15h. Je vous souhaite une bonne soirée, Alexia Delville ».

 Je me suis préparée bien avant 15 h, et je piétine un peu, ne cessant de vérifier ma tenue devant ma psyché. Une petite robe, simple mais élégante (il fait chaud), des sandales. J'ai relevé mes cheveux simplement avec une grosse pince, facile à détacher au cas où... Un maquillage léger, mais je n'aime pas être tartinée de fond de teint et transformée en pot de peinture, j'assume mon teinte pâle. Quand je bosse, je dois soigner un peu plus mon aspect extérieur, c'est sans doute pour cela qu'il ne savait pas quel âge me donner. En tailleur, chignon, je fais plus « femme », c'est indéniable.

J'utilise aussi une eau de toilette légère et pas de parfum capiteux qui peut incommoder un odorat sensible. Ma directrice s'inonde de « Poison » et pendant son absence, je vais aérer son bureau pour enlever un peu de ce surplus entêtant.

 

C'est bientôt l'heure de notre rendez-vous, je descends dans l'entrée de mon immeuble et peu après, je vois arriver la Toyota rouge de Monsieur Belmont. Je sors à sa rencontre, il m'ouvre la portière et je me glisse sur le siège passager.

Nous nous saluons et il démarre -  je me demande où il va me conduire mais je suppose que je ne dois pas demander, puisque c'est une surprise.

Nous sortons des faubourgs de ***** , allons-nous à la campagne ? Il met la radio, sur « Radio Classique ».
-        J'ignore si ça vous convient, vous pouvez changer de station à votre gré.
-        Non, c'est excellent, je l'écoute aussi souvent chez moi sur le tuner.
-        Parfait, mon autoradio est toujours programmé sur cette chaîne.

Je suppose qu'il a ouvert la radio pour éviter d'avoir à bavarder, ou pour que je ne prête pas trop attention à notre destination ? Le programme est superbe et je me laisse emporter par la musique, ça me détend - peut-être était-ce ce qu'il souhaitait ? 

Je note machinalement le nom du village que nous traversons et à la sortie, il tourne dans une petite route étroite bordée de haies et d'arbres.

Un manoir se dessine bientôt, il se gare dans une grande cour, encombrée de nombreuses voitures. Là, j'avoue que je suis curieuse de savoir ce qui se passe ici.

Je déboucle ma ceinture et il se tourne vers moi :
-        Vous vous demandez où nous allons, n'est-ce pas ?  j'acquiesce d'un signe de tête

 -       Je vous invite à une orgie romaine, dit-il sur un ton très calme.

-    Pardon ? j'ai un léger sursaut -  Une orgie romaine ? mais de quoi parlez-vous ?
-     Ce manoir est un club de « libertinage » et de temps en temps organise des soirées ou après-midi  à thème. Aujourd'hui, c'est « l'orgie romaine ».

J'ai une boule dans l'estomac d'un seul coup. Dans quel guêpier me suis-je fourrée. Il descend, va ouvrir ma portière et me tend la main.

-        Venez, n'ayez pas peur, dit-il d'un ton rassurant.

Nous montons les marches du manoir, un homme en toge romaine nous accueille. Monsieur Belmont présente une feuille imprimée, sans doute son invitation. La personne nous indique les vestiaires où nous allons nous changer et dit que nos costumes nous attendent -  il tend deux petits cartons avec des numéros.

Des costumes ? Nous allons nous habiller en romains ? oups, je trouve ça assez amusant finalement, j'ai hâte de voir mon architecte en toge !!

Nous descendons un étage, où se trouvent les vestiaires. Deux personnes nous accueillent, un homme et une femme, tous les deux en tenues de romains. Monsieur Belmont tend les deux petits cartons. Je note qu'il y a des indications sur chacun sur nos mensurations, taille. A-t-il regardé dans mes vêtements ou bien connaît-il la taille d'une femme au jugé ? (au toucher plutôt)

-   Venez avec moi, dit la femme en robe blanche, genre péplum, en me désignant, j'ai votre costume, vous allez l'enfiler.

.Monsieur Belmont part, de son côté,  avec l'homme en toge pour la même raison.

 Dans la petite pièce, dotée d'un miroir, je dois retirer tous mes vêtements (je dis bien tous !) et revêtir une robe verte et dorée. Serrée sous la poitrine par une large ceinture, elle fait remonter les seins mais est extrêmement décolletée ; j'ai une chance que le tissu ne soit pas transparent, mais elle est fendue sur le côté jusqu'en haut de la cuisse, si bien qu'en marchant, j'ai l'impression de me dévoiler entièrement. (A cause de la danse classique, j'ai l'habitude de raser mon pubis).

Elle me donne un long voile, bordé d'or, qui va cacher, un peu le haut de mes jambes. Elle me tend des sandales, nouées haut sur la cheville, très élégantes, je dois l'avouer, ajoute un collier doré autour de mon cou.

J'ai hâte de voir comment vont être vêtus mon architecte et les autres « invités ».

Je sors de la pièce et je retrouve Monsieur Belmont, qui n'est pas en toge blanche comme je le supposais, mais en courte tunique noire qui arrive à mi-cuisses, imitant une tenue de soldat romain, grec, je ne sais pas, mais les hautes sandales qui enserrent ses jambes sont vraiment sexy. Il est très viril dans cette tenue.

Il me tend la main et me dit :
-        Superbe cette robe, ça vous va très bien !
-     Je me disais justement, que j'allais demander à votre avocate la permission de venir travailler dans cette tenue, dis-je innocemment.
-        Oh, excellente idée ! Je viendrai souvent vous visiter dans votre petit bureau en espérant que vous aurez beaucoup d'appels téléphoniques, répond-il d'un ton doucereux.
-        Dans cette tenue alors, dis-je en désignant sa tunique. D'ailleurs, vous devriez porter cela à votre cabinet, les clientes et clients se bousculeront pour venir vous voir !

 Il me jette un drôle de regard et prenant ma main, m'entraîne vers les escaliers - je dois relever cette fichue longue robe, je serre un pan contre moi pour éviter de me dénuder complètement. Nous grimpons un autre étage et entrons dans une immense salle ornée de divans, coussins où des couples sont allongés -  nous voilà au sein de l'orgie. Ouhhh je respire un grand coup - courage ! Mon architecte me tient toujours la main, mais je le sens impatient d'entrer et de se mêler aux couple -  il est bien excité aujourd'hui monsieur Belmont, je ne sais pas ce qu'il a bu ou pris. Je lui trouve les pupilles un peu dilatées.

Nous déambulons au milieu des couples, je sens qu'il apprécie lorsque deux jolies filles s'enlacent, ou qu'une autre est entre deux hommes -  je ne suis pas très à l'aise car je me demande où il veut en venir.

« Belmont ! Toi ici ? Que deviens-tu ? » Une voix l'apostrophe.

Nous nous retournons et je découvre un homme, très gras, vêtu ou à moitié dévêtu d'une tunique rouge, accompagné d'une femme outrageusement maquillée, ses seins lourds retombant sur son ventre -  un autre homme, chauve les accompagne, il est plutôt maigrichon, sa peau fait des plis sur son ventre et sa poitrine. Quel horrible trio !
-        Salut Marco ! dit Monsieur Belmont.
-        Ca fait bien longtemps qu'on ne t'a pas vu parmi nous. Au fait, je crois que tu n'es plus avec Sylvia ?
-        Non, nous avons divorcé, répond l'architecte assez sèchement.
-        Et c'est ta nouvelle compagne ? dit-il en tendant un doigt vers moi - Mignonne à croquer ! Tu nous la prêtes ?
Je serre la main de mon partenaire, il me rend ma pression, pour me rassurer ?
-        C'est une amie, désolé mais j'ai déjà prévu quelque chose pour elle.
-        Oh dommage ! ton alter ego n'est pas avec toi ?
-        Non, pas cette fois-ci. Bon, je vous laisse, j'ai un rendez-vous pour Alexia.
-        D'accord, mais reviens vite nous voir, dit-il avec un clignement d'oeil lubrique, il y en a une qui a hâte de te prendre entre ses gros nichons !

L'horrible bonne femme le regarde d'un air gourmand et prend ses « gros nichons » dans ses mains. « Tu vas adorer, viens vite me voir ! »
Il s'éloigne sans rien dire - je le suis, mais cette fois je me sens angoissée, qu'a-t-il prévu comme « rendez-vous pour moi ? »

Il marche un peu plus vite vers le fond de la salle. Je vois qu'il y a des petites alcôves fermées par des tentures, certains veulent un peu d'inimité ? Est-ce ça qu'il a prévu ?

Soudain, comme s'il avait aperçu quelqu'un il se dirige directement vers un petit groupe d'hommes. Ils sont manifestement en train d'asticoter un jeune homme blond, bouclé qui essaie de se défendre.
-        Angelo ! appelle l'architecte.
-        Oh Monsieur Belmont ! Je suis content de vous voir, dit le jeune homme visiblement soulagé de cette interruption.

Belmont le prend par l'épaule et l'éloigne des autres types qui, haussant les épaules et émettant des remarques à mi-voix sur les « pédés », s'éloignent.
-        Encore en train de t'embêter ?
-        Oui, vous savez bien, Monsieur, ils sont toujours après moi.
-        Ca ne va pas durer, crois-moi ! Je te présente Alexia, dit-il et se tournant vers moi, voici Angelo.

Nous nous saluons. Angelo est vraiment un très beau gosse, il parait très jeune. Bouclé, il a une mignonne petite bouche un peu boudeuse et de longs cils comme une fille. Vêtu de sa petite tunique blanche courte, il me fait penser à Pâris dans La Belle Hélène. Un peu efféminé mais à croquer !

Belmont nous emmène vers les fameuses alcôves et pose une question à la personne en toge, qui semble les surveiller, Ce dernier lui indique du doigt, une des tentures.
-        Venez, dit l'architecte.

Il soulève le rideau qui dévoile une petite pièce faiblement éclairée, avec un divan, couvert de coussins mais un grand miroir sur un mur. Je vois où il veut en venir -  une petite partie à trois, pas mal !!
-        Alexia, me dit Belmont, je vous confie Angelo. Prenez bien soin de lui. Vous avez beaucoup de choses à lui apprendre, il n'a pas beaucoup d'expériences avec les femmes, c'est cela ? dit-il en se tournant vers le jeune homme.
-        Non, dit-il en rougissant, ce sont les hommes qui me courent tous après, parce que je suis « mignon ».
-        Et bien, ça va changer !
Je suis estomaquée !
-        Vous voulez que je .... zut, je ne trouve plus mes mots, je ne peux pas dire « déniaiser » quand même ?
-        Que vous lui fassiez connaître vote ravissante petite Minoune ! Je la lui prête !
Ah d'accord ! mon architecte prête son jouet favori, je croyais que c'était « chasse gardée » !!
Je ne montre rien de ce que je pense, au contraire, je prends mon ton le plus suave pour dire :
-        Mais avec plaisir, Monsieur Belmont.
Il me jette un coup d'oeil en coin, puis ajoute :
-        Je vous laisse, j'ai à faire, je vous retrouverai tout à l'heure.

Il soulève le rideau et il sort. J'espère qu'il n'est pas pressé de retrouver cette grosse vache aux énormes pis ! Beurk !

Je suis furieuse mais ce pauvre Angelo ne mérite pas que ma colère retombe sur lui. Il faut l'initier ? bien ! Je vais faire ça en douceur pour qu'il apprécie ce moment.
-        Angelo, voulez-vous me dire ce que vous aimez ?

Je m'approche de lui, pose mes mains sur son torse ; il a la peau aussi douce que la mienne, pas un seul poil. J'ai un doute...
-        Vous êtes très jeune ?
-        J'ai 19 ans passés, mademoiselle Alexia, mais tout le monde se demande si je suis majeur !
-        Je vois - mais appelez-moi Alexia, pas Mademoiselle, s'il vous plait. Vous êtes vraiment « mignon » c'est évident - pourquoi n'avez-vous pas de succès auprès des filles, dites-moi ?
-        Elles ne me trouvent pas assez viril ! Elles aiment les mecs, les « vrais » disent-elles, ceux qui ont une grosse ...  il rougit.
-        Ah oui ? Mais ce n'est pas le cas de tout le monde ! Et quel est le problème avec votre.....pénis ? j'essaie de rester très polie.
-        Trop long, trop mince ! dit-il d'un bloc.
-        Long ce n'est pas un problème, bien au contraire !

Il me jette un regard suspicieux comme si j'avais dit une énormité. Je sens qu'il va falloir que  je prenne les choses en mains, enfin c'est une façon de parler, pour le mettre en confiance et lui enlever ses complexes.

A force de caresses, j'arrive à le faire étendre sur les coussins. Je prends ses mains et les pose sur moi, sur mes seins, l'encourage à me toucher. Il se détend, je vois qu'il aime ces échanges. J'embrasse sa petite bouche gourmande -  un vrai plaisir ! Embrasser, il semble adorer ça et nous en profitons au maximum. Résultat, je sens sa virilité qui durcit contre moi -  fort bien, voilà un excellent résultat. Je soulève tout doucement sa tunique et vu qu'il ne porte rien dessous, j'ai enfin la vision du « problème » du jeune homme. Il est pourvu d'une jolie queue, un peu mince mais il est très jeune, bien longue, d'une belle couleur rosée, très appétissante.

Doucement, je lui demande de s'admirer dans le miroir - sa tunique retirée. Il hésite mais quand je me pose tout contre lui. Il chuchote :
-        J'aimerais bien aussi vous voir aussi...  en entier.
-        Et bien, défais ma robe, n'aies pas peur !

Un peu maladroitement, il me déshabille et je vois qu'il est tout excité de me voir nue près de lui, nos deux corps se reflétant dans le grand miroir. Il est de la même taille que moi, c'est nouveau pour moi, mais très plaisant.
Je pose ma main sur son sexe qui a bien durci -  il a un petit geste de recul mais me laisse faire.
-        Il est où le problème ? lui dis-je tout doucement dans l'oreille, je te trouve très beau. Tout ça me plait beaucoup, j'ajoute en caressant la tige et les testicules aux poils tout doux.

 Il me laisse le caresser, gémit un peu -  Que font les mecs avec lui ? Le sucer naturellement -  je peux lui faire ça.

Je me penche et prend le bout rosé dans ma bouche, si doux, et lentement je fais glisser sa queue plus profondément -  pas entièrement car elle est un peu trop longue mais au moins à la moitié - les coups de langue et les aller et retour le font gémir de plus en plus.
-        Arrêtez ! dit-il Je ne veux pas venir dans votre bouche.
-        Dans ma bouche, non mais ... ailleurs ?
-        Je ne suis pas très doué, avoue-t-il gêné.
-        Tu n'as pas besoin de l'être, tu as tout ce qu'il faut.
Je lui demande gentiment dans quelle position il préfère se trouver et il me chuchote :
-       J'aimerais bien être sur vous, si vous voulez bien... pour une fois.
-       Pour une fois être le dominant - avec plaisir Angelo.

Je le guide, il n'a pas osé me caresser à cet endroit, mais ce n'est pas grave, j'ai envie de lui, il est si mignon et je veux lui donner du plaisir.

Il pousse un petit gémissement quand il est en moi - n'ose pas pousser trop fort alors je le force par mes mouvements du bassin à me pénétrer -  il se laisse faire et finalement, l'ardeur le prenant il se montre plus entreprenant. Je l'aide à se positionner pour être au maximum en moi et je vois ses yeux papilloter, il paraît trouver ça exquis.  Il ne met pas beaucoup de temps pour jouir, la bouche ouverte sur l'extase, tremblant de tout son corps.

Je le prends dans mes bras, l'entoure tendrement. Il doit garder un bon souvenir de cette expérience.
-        Tu vois qu'il n'y a pas de problème,  tu peux avoir confiance en toi.
-        Vous avez été fantastique, dit-il et il m'embrasse  - trop mignon. Je lui rends son baiser, plus sensuellement.
-        J'adore embrasser, dit-il un peu essoufflé quand nos bouches se séparent.
-        Moi aussi ! mais les baisers avec Monsieur Belmont c'est rare, très, très rare.

 Comme nous sommes tous les deux et attendons justement l'architecte qui se fait désirer, nous nous mettons à bavarder, l'un près de l'autre sur les coussins. Il me demande depuis combien de temps je connais Monsieur Belmont.
-        Très peu de temps et toi ?
-        Je le connaissais quand il venait avec son collègue, Laurent, et quand il a rencontré Lydia.
-        Son ex-femme ? Il l'a rencontrée ici ?
-        Oui.
-        Tu la trouvais sympa ?
-        Non, pas du tout - je ne sais pas ce qui pouvait l'attirer - elle était horriblement pimbêche avec moi et je trouvais qu'elle n'allait pas du tout avec Monsieur Belmont.
-        Monsieur Belmont m'a confié qu'il l'avait trouvée « mystérieuse ».
-        Ah oui, c'est ce qu'elle jouait avec lui - la femme mystère !
-        Ca a fonctionné, car il l'a épousée ! dis-je en riant. Mais bon ça n'a pas marché très longtemps finalement.
-        Tant mieux qu'il s'en soit débarrassée !
-        Et Monsieur Belmont, il est gentil avec toi ?
-        Très ! Il a toujours pris ma défense.
-        Aujourd'hui, je demande intriguée  - tu avais rendez-vous avec lui ?
-        Oui, il m'a appelé - il m'a demandé de mes nouvelles, et finalement quand je lui ai dit qu'il y avait la journée « orgie » il m'a dit qu'il allait venir et qu'il avait une surprise pour moi.
-        Ah oui, tiens, tiens, a priori, c'était moi la surprise.
-        Vous ne saviez rien ? dit-il étonné.
-        Non absolument rien - je ne savais même pas où nous allions. Mais tu es souvent ici ?
-        Oui, je touche un peu d'argent.
-        Oh, on t'a embauché parce que tu es très beau gosse et que dois tu faire ?
-        Attirer les femmes, les hommes, leur proposer des boissons, etc.

A ce moment la tenture se soulève et entre Monsieur Belmont, décoiffé, un peu rouge.
-        Je vous dérange ? demande-t-il.
-        Non pas du tout, nous bavardions en vous attendant, dis-je d'une voix sucrée.
-        Vous n'avez pas fait que bavarder ! s'exclame-t-il.
J'éclate de rire devant son air stupéfait. Angelo, lui, devient tout rouge.
-        Angelo ? Elle s'est occupée de toi, hein ? Comment as-tu trouvé la petite chatte d'Alexia ? demande mon architecte, fort peu délicat.
-        C'était très bon, Monsieur, mais je n'ai pas su...  enfin, j'ai été trop rapide -  il s'arrête embarrassé.
-        Tu n'as pas pu la faire jouir ? c'est ça ?
Angelo hoche la tête, pas très à l'aise.
-        C'est pas grave, je suis là, je peux y remédier, dit-il d'un ton beaucoup trop assuré qui ne me plait pas du tout.
Mais qu'est-ce qu'il s'imagine, que je suis à la disposition de tout le monde.
-        J'aimerais bien d'abord savoir où vous avez traîné votre queue Monsieur Belmont !
C'est très direct et Angelo me regarde horrifié.
-        Entre les seins et la bouche de Claudia, j'ai été gâté ! dit-il d'un air fanfaron -  mais je peux honorer madame, ajoute-t-il avec une petite courbette vers moi.
-        Merci bien, ce ne sera pas nécessaire. J'ai suffisamment apprécié cette petite sauterie, je lui réponds d'un ton très sec. Je vais vous laisser vous divertir avec votre trio d'amis et moi, je vais rentrer.
-        Mais Alexia, dit-il l'air ahuri que je lui parle sur ce ton, c'est moi qui vous ai amenée en voiture, vous ne pouvez pas partir.
-        Oh, je vais bien trouver quelqu'un pour me reconduire en ville, n'ayez crainte.
-        Je suis venu avec la voiture de mes parents, si vous voulez, je peux vous emmener, dit Angelo de sa petite voix douce.

-        Parfait ! Nous rentrons tous les deux et nous laissons Monsieur Belmont se vautrer dans son orgie.
-        Mais non Alexia ! proteste celui-ci, je vais repartir avec vous !
-        Inutile, je l'interromps, je n'ai pas l'intention de gâcher votre plaisir. Restez donc ici à vous divertir avec vos amis. Venez, Angelo, nous allons rendre nos superbes costumes ! Merci Monsieur Belmont, c'était un plaisir.

Je fais une petite courbette ironique, prends la main d'Angelo, soulève la tenture et l'entraîne au dehors, plantant là l'architecte médusé.

 

 Il me reconduit gentiment, brave garçon, jusque chez moi. Nous bavardons dans la voiture, très simplement. Il me raconte un peu sa vie et la difficulté à être « différent » avec son physique d'éphèbe.
-        Vous ne semblez pas uniquement porté sur les rapports avec des hommes, vous appréciez les femmes, je ne me trompe pas ?
-        J'aimerais connaître plus de femmes,  mais les hommes ne me laissent jamais tranquilles et me traitent toujours de « petit pédé ».
-        Je vois ! Mais vous avez déjà séduit des filles, elles vous trouvent mignon, vous avez couché avec elles ?
-        Oui, mais c'est ce que je vous disais, quand elles voient mon pénis, elles disent qu'il n'est pas beau, trop mince, trop long !
-        Mais qu'est-ce qu'elles veulent ? Des grosses "bites rougeaudes" ? pouah !! quelle horreur ! Et pourquoi trop long ? Tu as vu, toi-même, qu'il n'y avait aucun problème de longueur !
-        Avec vous, c'était vraiment génial, mais les autres filles, elles disent que je leur fais mal si je pénètre trop loin.
-        Oui, je vois le modèle. Pas trop loin, mais défoncée par un gros engin -  excuse-moi Angelo, je suis grossière - mais c'est la vérité, non ?
-        Oui. Je peux vous poser une question, Alexia ?
-        Mais oui, vas-y, je t'en prie.
-        Vous vous entendez bien avec Monsieur Belmont ?
-        Tu veux dire, sexuellement ? Oui, pourquoi cette question ? Il a des goûts bizarres ?
-        Non pas bizarres -  enfin, je ne m'en suis jamais aperçu.
-        Il venait souvent à ... comment s'appelle cet endroit d'ailleurs ?
-        « La marquise De »
-        Oh,  joli nom pour un club de libertinage ! Donc, il y venait souvent ?
-        Non, pas très souvent, c'est son collègue qui était là et qui l'a amené avec lui.
-        Laurent !!
-        Oui. Vous le connaissez ?
-      Oui, je le connais et je connais aussi sa femme - et bien alors, quelle nouvelle ! Laurent adepte d'échangisme ! Et pour répondre à ta question sur Monsieur Belmont, tu sauras qu'il est un peu monté comme toi. Long aussi, juste un peu plus costaud, mais tu es encore très jeune.
-        Ah, je comprends pourquoi je ne vous paraissais pas étrange !
-        Non ! je me mets à rire  -  pas étrange du tout.
-        Je suis désolé, je n'ai pas su vous caresser comme il faut le faire -  en fait je ne sais pas vraiment comment il faut faire, dit-il d'un ton embarrassé.
-        Il faudra demander à notre architecte, c'est un pro ! dis-je d'un ton amusé.
-        Il voudra bien ?
-        Bien quoi ?
-        Vous... partager ?
-        Ah ? Euh, je crois bien que c'est dans ses plans, oui, j'en ai bien l'impression.

Un petit silence s'installe. Puis Angelo ajoute d'une petite voix douce.
-        Vous êtes amoureuse de lui ?
        Non ! je m'écrie mais je reprends d'une voix normale, non, et il ne vaut mieux pas ! crois-moi, ça ne m'aiderait pas du tout.
-        C'est compliqué les sentiments ?
-        Oui, très et ça fait souffrir, alors c'est plus sûr de se faire plaisir sans se poser de questions.
-        Je vois -  j'ai encore beaucoup à apprendre, dit-il songeur.

 

 Finalement, je le guide et il me dépose devant mon immeuble. Je l'embrasse tendrement avant qu'il ne reparte, il l'a bien mérité et ça m'a fait plaisir.

 Je suis plutôt furieuse du déroulement de cette journée. Le fantasme de Monsieur Belmont ne m'a pas du tout convaincu. Non pas que m'occuper d'Angelo ait été horrible, loin de là, mais il aurait au moins pu avoir la décence de me demander mon avis au lieu de « prêter ma chatte » comme si j'étais un objet et il aurait pu rester ? Oui, je crois - au lieu d'aller avec cette horrible bonne femme - j'en ai des frissons de dégoût, rien que de penser à sa queue dans .... j'ai envie de vomir ! Mais quelle idée lui est passée par la tête, je l'ai trouvé un peu étrange, pas vraiment lui-même -  mais je n'ai pas la prétention de le connaître parfaitement. Pourtant, quelle différence avec celui qui a égrainé mes fantasmes avec tellement d'habileté et de raffinement.  

Je crois que la quatrième page du carnet ne se tournera pas.

 



29/06/2014
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