Plume et parchemin

Plume et parchemin

Les origines du baiser

A Rome :

Chez les romains, le baiser se dit de 3 façons différentes :

- l'osculum pour un baiser d'amitié sur les joues,

- le basium pour un baiser affectueux sur les lèvres 

- le suavium pour un baiser amoureux et passionné.

Le mot baiser vient d'ailleurs de "basium"  en latin.

 

Il n'en reste pas moins que le baiser social, entre hommes, marquant chez les Romains le fondement de l'égalité et du respect, sera très prisé et cela jusqu'au Moyen âge.

 

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Le Christianisme

 

Au temps de Jésus Christ, le baiser était courant et on en retrouve la trace dans la bible.

Le baiser était le signe de reconnaissance des premiers chrétiens et rappelait le baiser de paix donné pendant la messe.

Judas désigne Jésus Christ en lui donnant un baiser et Jésus lui-même embrasse ses disciples.

 

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Le Moyen âge

 

 

On embrasse les pieds, la robe, la bague ou les mains d'un roi si on est sujet et les souliers d'un pape si on fait partie du clergé ; on se soumet à l'autorité de l'autre et par là-même on définit son rang social. Le baiser qui était jusqu'à lors un signe de respect ou de reconnaissance devient, au Moyen-âge, le signe du rang social et de la soumission.

 

D'autre part la majorité des hommes du Moyen-âge, ne sachant ni lire ni écrire, on scelle les contrats par une croix tracée que l'on embrasse pour montrer qu'on se soumet aux conditions du dit contrat.

 

On trouve des témoignages de baisers sur la bouche, mais aussi sur le menton, le nez, etc. Une chanson contemporaine de notre version d'Ami et Amile, Guillaume le Maréchal, rédigée vers 1230, raconte l'histoire vraie d'un chevalier glorieux mort en 1219 : le mot amour n'y intervient qu'à propos du sentiment qu'entretiennent entre eux les hommes. Dans les chansons de geste, genre littéraire épique, le monde masculin possède presque toujours l'exclusivité de l'amour. Cet amour viril caractérise les sociétés masculines et guerrières.

L'amitié des chevaliers du Moyen Age perpétue cette tradition. Elle s'accorde parfaitement avec la tradition chrétienne de l'amitié, moyennant quelques aménagements et quelque tolérance. L'amitié masculine médiévale est donc une affection très profonde, doublée d'une fidélité à caractère sacré. Cette amitié est véritablement un amour. Si cet amour possède des qualités spécifiques, il se montre très proche de ceux qui ont régné dans les sociétés où le Moyen Age plonge ses racines. Il prédomine très nettement sur l'amour entre homme et femme au moins jusqu'à la fin du XIIe siècle, dans la société aristocratique. Reste à savoir si cet amour impliquait des rapports intimes.

 

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La Renaissance

 

Le baiser perd son rôle social. En effet tout le monde reconnaît le pouvoir du Roi et le baiser de soumission devient obsolète.

Le baiser familial gagne du terrain ainsi que le baiser amoureux que l'on commence à voir sur des tableaux.

 

 

Les XVIIème et XVIIIème siècle

 

C'est au XVIIème et XVIIIème siècle que l'adultère est considéré comme normal. Le libertinage est basé essentiellement sur des liaisons extra-conjugales et le jeu amoureux s'émancipe. Le baiser quant à lui est fougueux et promesse ou prélude au sexe mais le baiser profond reste encore un tabou. 

Le peintre Fragonard, nous donne des multiples exemples de baisers dans ses peintures.

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 Le XIXème siècle

 

Le baiser est encore prélude à l'amour fin XVIIIème et début XIXème, comme le montre ses gravures au temps des "Incroyables et des Merveilleuses" l'homme étant séduit par la fluidité moulante et la transparence des robes de ces dames. Les jeux dits de société, laissent quelquefois passer quelques baisers volés.

le baiser est aussi compromettant qu'un rapport sexuel : certaines mères interdisent à leur fille d'embrasser de peur qu'elles ne tombent enceintes !!!

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On soupire et on rêve d'amour pur, on est en plein romantisme.

La femme est drapée dans une aura de pureté alors que l'homme parle librement de ses escapades sexuelles au bordel. L'épouse fait l'amour "chaste" alors que la fille de joie est libérée et reçoit des baisers fougueux.

 

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Mais à la fin du XIXème, à partir de 1860, la mécanisation, l'urbanisation, la modernisation et l'enrichissement vont mettre à mal la morale où sont enfermées les femmes. Le gaz puis l'électricité vont éclairer les couples.

L'érotisme fait son apparition dans la chambre conjugale de même que le flirt chez les jeunes gens qui se caressent et s'embrassent.

Le baiser devient enfin profond, il s'appelle alors baiser florentin, et c'est là que l'on introduit la langue dans la bouche du partenaire pour la première fois : érotisation maximale pour l'époque.  

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Le  XXème siècle

 

Si le XIXème siècle est le siècle du baiser profond, il n'en reste pas moins le siècle de l'alcôve. On s'embrasse à pleine bouche, oui, mais en privé, à la maison, dans une chambre, une voiture, sous un porche ... en tous cas à l'abri des regards des passants.

Le XXème siècle, lui, est le siècle de la libéralisation du baiser

On s'embrasse , sur les quais de gare quand on part à la guerre par exemple, dans la rue comme nous le montre Doisneau ou encore sur les bancs publics comme dans la chanson de Georges Brassens,  .. partout et aux vues de tous.

 

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09/08/2016
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