Plume et parchemin

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Marianne et Brandon -

C'est ce qu'on nomme une "Sequel" : Une nouvelle historique basée sur les caractères de l'auteur, une sorte de continuation du roman. Marianne et Le Colonel Brandon étaient-ils vraiment voués à être heureux ? c'est ce que j'ai voulu montrer ici.

"Marianne ne pouvait pas aimer à moitié ; elle devait donc maintenant se consacrer de tout son coeur à son mari, autant qu'elle l'avait été à Willoughby auparavant"

Chapitre UN

 

 

 

Le colonel Brandon s'appuya au dossier de l'équipage et regarda en direction de son épouse. Les yeux de Marianne brillaient d'excitation en même temps qu'elle faisait des gestes de la main vers les villageois qui l'acclamaient par des « hourras » alors que la voiture traversait le village.
Il semble qu'elle prit conscience du regard de son mari car elle se retourna vers lui et lui dédia son plus beau sourire « ce fut une très belle journée, n'est-ce pas colonel ? demanda-t-elle, le soleil a brillé et le ciel est si clair. Dieu n'aurait pas pu nous offrir un plus beau jour pour nos noces »

 

Brandon resta silencieux juste un moment, perdu dans le regard profond de Marianne avant de répondre :

 

« Je vous en prie, ma chère, appelez-moi Christopher. Et même s'il avait plu à verses, cela aurait été néanmoins le plus beau jour de ma vie »

 

« Comment cela,  répliqua Marianne, fronçant  un sourcil, la pluie n'aurait pas été de bon augure le jour de mon mariage, il semble que la pluie et moi ne nous entendons pas très bien. La pluie ne m'a apporté que du chagrin et je souhaite que notre unions nous apporte du bonheur, pas de la peine ».

 

« Ce n'est pas le temps qui rend ce jour si splendide, Marianne, répondit Brandon avec un sourire discret, pour moi ce jour est devenu le plus beau lorsque vous êtes entrée dans l'église,  lorsque vous m'avez rejoint à l'autel ; ce jour est devenu le plus magnifique lorsque vous avez déclaré devant tout l'assemblée que vous acceptiez de devenir ma femme »

 

Marianne rougit et détourna les yeux. Même si elle avait accepté d'épouser le Colonel Brandon parce qu'il était si bon, si gentil, si prévenant et que c'était un homme cultivé (il lisait Spenser divinement bien !) elle ne l'aimait pas comme elle avait aimé auparavant Willoughby. Elle savait bien que c'était mal de penser encore à cet homme qui s'était conduit de manière infâme avec elle, mais elle ne pouvait pas maîtriser les élans de son coeur.

 

Elle avait gardé longtemps son petit livre de sonnets, des mois après qu'il ait rompu si soudainement et l'avait même humiliée en public, et chaque fois qu'elle sortait le petit livre, c'était la page 116 qui s'ouvrait. Des larmes lui montaient toujours aux yeux au souvenir de la voix passionnée qui récitait ces mots d'amour du Sonnet de Shakespeare.

 

Pourtant, le jour où le Colonel Brandon avait déclaré son amour pour elle et souhaité qu'elle devienne sa femme, elle avait décidé d'oublier Willoughby, de le rayer de sa mémoire. Elle avait brûlé le petit livre de sonnets dans sa cheminée et avait fait tous ses efforts pour se consacrer uniquement à cet homme qui l'aimait si tendrement.

 

 

 

Elle n'avait aucun doute sur l'attachement du colonel pour elle. Il l'avait assez prouvé en chevauchant sous la pluie pour aller chercher sa maman alors qu'elle était si malade ; en  restant patiemment auprès d'elle, lui faisant la lecture alors qu'elle recouvrait doucement ses forces ; il avait sûrement mille choses plus pressantes à faire ! en lui faisant cadeau d'un magnifique pianoforte et la fois où il l'avait priée (en rougissant) de jouer pour lui elle savait qu'elle ne méritait sûrement pas un pareil traitement. Elle n'avait eu que dédain pour lui, une attitude stupide et irrévérencieuse comme seules les jeunes ont envers les gens plus âgés qu'eux. Mais malgré  ces manières injustes il n'avait jamais varié dans sa dévotion envers elle. Il avait été prévenant, patient, elle ne pouvait en disconvenir.

 

Et malgré tout cela, elle revoyait toujours le visage souriant et rieur de Willoughby quand elle allait se coucher pour dormir. C'était la voix de Willoughby lui affirmant son attachement qu'elle espérait entendre encore, et là, même maintenant dans l'équipage, assise dans sa toilette de mariée, à côté du Colonel Brandon, elle devait admettre au plus profond de son coeur qu'elle souhaitait toujours que ce soit quelqu'un d'autre qui soit devenu son mari.

 

Ce sont d'horribles pensées, Marianne Dashwood-Brandon ! se  morigéna-t-elle, le Colonel Brandon est l'homme le plus honorable que tu aies jamais connu et tu devrais au contraire lui être reconnaissante qu'il t'ai accordé son amour » Elle lui était reconnaissante à n'en pas douter, mais le colonel Brandon n'avait rien d'excitant ; il était fiable, gentil, attentionné, il n'aurait jamais exigé une boucle de ses cheveux, et s'il l'avait jamais fait (elle n'arrivait pas à se l'imaginer dans cette situation, elle pensait que des gestes aussi romantiques ne cadraient pas avec son caractère et qu'il était bien trop sensé pour accomplir cette sorte de folie), s'il avait donc demandé une boucle de ses cheveux, il l'aurait fait monter dans le couvercle de sa montre-gousset où il aurait pu la contempler à chaque fois qu'il regardait l'heure.

 

Marianne s'obligea à quitter ses rêveries pour voir que le colonel, pardon Christopher la regardait avec une expression légèrement amusée.

 

« Je suis désolée…. Christopher, s'excusa-t-elle en rougissant… j'étais un peu perdue dans mes pensées. Elle remarqua le léger sourire qui étira ses lèvres à l'usage de son prénom et il répondit :

 

« Cela n'a pas grande importante, ma chère, je voulais juste vous informer que nous allions passer la nuit à Delaford ce soir avant de partir pour notre voyage de lune de miel demain dans la matinée ».

 

« Et pouvez-vous me dire où nous irons ? vous ne m'en avez encore rien dit alors que je sais que vous en avez déjà parlé à Margaret, c'est un peu vexant, dit Marianne avec un petit ton de taquinerie dans la voix.

 

« Non, non, pas encore, répondit le colonel avec un air de moquerie. Je l'ai dit à Margaret car c'est mon Capitaine, vous savez bien. Un bon soldat dit toujours à son capitaine où il doit aller ! mais à vous je n'ai aucune obligation de vous informer des ma destination puisque de toute manière vous serez avec moi »

 

A cette déclaration, Marianne eut un petit soupir d'exaspération ce qui fit éclater Brandon de rire.

 

Marianne le regardant avec surprise pensa qu'il n'était pas vraiment beau mais avait un charme qu'elle ne lui connaissait pas lorsqu'il perdait son air trop sérieux et se laissait aller à se détendre et ce rire était vraiment délicieux.

 

Finalement l'équipage s'arrêta devant la maison, Brandon sauta à terre et se tourna vers son épouse.  Elle posa sa petite main dans la sienne, et il la tint serrée un instant avant de l'aider à descendre.

 

Le valet de pied se courba alors qu'il tenait la porte d'entrée ouverte et Marianne se préparait à entrer au bras du colonel quand celui-ci dit « attendez ! » Elle le regarda d'un air interrogateur, il sourit et lui dit « vous ne vous souvenez pas de la tradition ? » - Avant que Marianne ait fait un seul geste, Brandon l'avait prise dans ses bras et la portait pour franchir le seuil. Elle ne put que s'accrocher à son cou, bouleversée à la pensée qu'il était vraiment son mari et aussi qu'il était capable d'un beau geste romantique après tout.

 

 

 

 

la suite : https://plumeetparchemin.blog4ever.com/marianne-et-brandon-chapitre-2



09/01/2019
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